Comme Pablo Neruda, écrire un texte qui commence par paix pour :
Paix pour le laboureur qui
retourne la terre
Paix pour le feu qui
brûle dans nos veines
Paix pour la mère qui
s’épuise au labeur et qui donne son sein
Paix pour mon cœur qui
s’affole quand il a peur
Paix pour ce qui ne
savent pas
Paix pour la terre aride
qu’aucune pluie ne vient nourrir
Paix pour le vieux qu’on
a laissé là et pour le chien qui a perdu son maître
Paix pour chaque instant
que m’autorise la vie
Paix pour le ciel, les
étoiles et la lune, paix aussi pour le soleil qui s’allume le matin
Paix pour les âmes qui
veulent se libérer et pour l’oiseau qui vient de s’envoler
Paix pour celui qui lui
sourira au petit matin en plongeant son regard dans le sien
Paix pour le tourmenté
qui ne trouve plus le sommeil
Paix pour celui qui
commet l’irréparable et pour celui qui sait pardonner
Paix aussi pour celui qui
ne sait pas
Paix pour les enfants qui
n’ont rien demandé
Paix pour celui qui privé
de la vue ne perçoit que l’essentiel et pour celui qui privé de l’ouïe n’entend
pas toutes ces conneries
Paix pour le ciel quand
l’orage le mouille et que son bleu se teinte de gris
Paix pour les graines qui
deviendront blé
Je prends congés je
rentre chez moi. Je fais de ces mots un feu d’artifice qui retombe en milliard
de gouttes de pluie pour devenir réalité. Je veux que cette quête n’est pas été
inutile. Je ferme les yeux, je suis en paix. J’ai couché des idées sur le
papier. Et demain si une de ces pensées prend vie, j’aurais le sentiment
d’avoir un peu gagné.
24/11/2004
SEVE
Vie, présent,
aujourd’hui, ici, maintenant.
Devenir conscient de l’instant. Celui-là, tout de suite, immédiatement.
Et si l’instant n’existait plus, si tout à coup il n’y avait plus rien. Plus de
souffle, la sève retenue s’est tue. Ses yeux, son sourire, plein de vie.
Heureux, être heureux. Encore un souffle, puissant, violent. Poumons ouverts à
l’infini, la sève circule, elle nourrit, elle dynamise. La sève, elle est là,
encore, la sève, elle revient mouvement incessant, sève, sève, sévère, amère.
Mère rêveuse, mère sauveuse, mère ravageuse. Sève, te revoilà, riche, forte,
effrayante, qui arrive sans fin. Fin, finir, partir revenir. Au plus profond de
l’être, tu es là ou tu cesses de l’être. Sève, semence qui crée la vie, qui la
poursuit, qui la maintient, qui la nourrit. Nourrir la terre, glisser vers ses
racines, pénétrer profondément jusqu’à elles et rejaillir, éclore, en mille lieux,
mille couleurs. Coulure, sève qui
s’écoule, lentement, irrésistiblement, comme un sirop doux et sucré. Boire
la sève, la sève qui rie, la sève qui pleure, la sève qui a peur.
Sève qui change une lettre et se lève,
Sève qui perd une lettre et devient Eve.
Eve qui se lève et donne la vie.
Vie, présent,
aujourd’hui, ici, maintenant.
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