textes d'atelier

Décrire un voyage de 3 points de vue différents :

MONTPELLIER –ANGOULEME, novembre 2002.   I -
 
Elle porte trois sacs trop lourds, pendant que les gamins équipés de sac à dos trottinent  derrière elle. Vite, il ne reste que très peu de temps pour changer de quai. ascension chaotique du marche pied, personne ne manque à l’appel, chercher le wagon. Ils sont montés en tête, leur wagon est en queue. Se frayer un passage, train bondé à cause des vacances scolaires. Voilà le compartiment, voilà les places réservées. Deux sur une banquette, un de l’autre côté du couloir. Le train a déjà démarré. Le calme règne, les enfants jouent à un jeu de société. Elle, rêvasse en regardant le paysage par la fenêtre. L’angoisse la gagne, et si  cela se passait mal ? Le roulis berce sa rêverie, elle se détend peu à peu. Le temps s’assombrit. Bordeaux : il pleut. Une heure d’attente dans le hall de gare, inconnus qui défilent, temps qui s’écoule,  haut parleur annonçant les arrivées en gare. Ambiance inhabituelle. Nouveau train pour les trois heures restantes. Passagers qui montent et qui descendent. Où vont-ils ? Qui vont-ils retrouver ? Questions que l’on ne se pose jamais. Visages qui disparaissent derrière les vitres, emportés au loin par la foule. Sourires qu’on ne verra plus jamais, rencontres éphémères, comme elle les aime.

Seize heures : Angoulême. Ils sont trois sur le quai, ils sont trois à descendre pour les retrouver. Embrassades, accolades, ils deviennent à leur tour quidam disparaissant  dans la foule.23/03/2005


MONTPELLIER-ANGOULEME – II –
Pas si vite maman ! Elle court presque avec ses trois sacs sur le dos. Je n’ai pas pu l’aider, c’est un peu lourd. Voilà le train, mon petit frère et moi accélérons le pas pour ne pas perdre maman qui court presque. Elle fait monter le plus petit de nous deux  et se précipite derrière lui en m’entraînant avec elle, elle a tellement peur que je reste sur le quai ! Maman nous explique que nous allons devoir traverser le train, nous sommes montés en tête et notre compartiment est en queue. C’est plein de monde. Il y a des gens qui ont de drôles de têtes, tiens celui là avec ses grosses moustaches ! On se faufile dans les couloirs. Enfin ! mon frère et moi, on s’installe cote à cote. Maman est de l’autre côté du couloir. Nous avons déjà soif, elle se lève et prend le sac, en profite pour nous donner des provisions, au moins elle est sûre qu’elle aura la paix un petit moment. C’est sympa finalement le train, on est libre d’aller et venir, enfin pas trop, car maman n’appréciera pas. Super, je découvre les toilettes, il y a plein de monde devant, mais je pense qu’ils vont se pousser. Ca fait un bruit bizarre là dedans, je ne vais pas m’éterniser. Je suis content de ce voyage, je vais retrouver ma cousine.

La petite fille derrière nous n’arrête pas de se lever et de nous faire des grimaces. Elle nous saoule ! Sa mère lui dit de se tenir tranquille, mais elle n’en fait qu’à sa tête. Bordeaux . Je ne sais pas combien de villes nous avons traversées, mais c’est marrant tous ces noms qu’on entend. Nous avons changé de train, c’est mieux nous avons un  carré que pour nous. La petite fille n’est plus là et c’est tant mieux. On s’amuse bien, on a pas besoin d’elle. Maman nous demande de regarder le paysage de temps en temps, mais nous on ne voit rien, ça va trop vite, et on s’en fiche un peu. Elle hausse les épaules et se retourne vers la vitre.

Angoulême – Angoulême tout le monde descend. Nous y voici. 23/03/2005


MONTPELLIER – ANGOULEME – III –
Quai de gare, gris, triste. Affichage électronique des départs et des arrivées. Moi assise, j’attends avec mes deux enfants.
Il arrive.
Debout pour récupérer les trois sacs trop lourds que j’ai emportés.
Je cours presque alors qu’il vient d’entrer en gare. Les garçons me suivent tant bien que mal. Je jette le petit à l’intérieur et attrape le grand par le blouson de peur d’en laisser un sur le quai. J’ai toujours eu peur que le train parte sans moi !
Le train est noir de monde, des gens heureux de partir en vacances. Nous avons traverser tout le train pour trouver notre compartiment, heureusement que j’avais réservé les places. Enfin assis, le train a déjà quitté la gare. Sète, Agde, Beziers, déjà je regrette d’avoir entrepris cette petite escapade. Je ne sais pas comment cela va se passer là bas. Je m’en fous, si c’est pas génial, j’écourte. Narbonne,  à partir de là, je n’entends plus le nom des villes, je suis plongée dans ma rêverie, je regarde par la fenêtre, mais je ne vois pas le paysage. Seul le temps capte mon attention, car le ciel devient gris, presque noir, comme mon moral. Les enfants assis à côté sont sages, je suis agréablement surprise. J’ai bien fait de ne pas prendre la voiture. Je sors mon bouquin, j’ai oublié le titre, et n’en sors plus la tête jusqu’à Bordeaux qui nous accueille sous la pluie. Halle de gare spacieux, je reprends confiance. Nous changeons de train, il nous reste trois heures encore, je n’ai plus envie de lire. Simplement me détendre. Me dire que ce sera un super séjour et que la ville sera à la hauteur des mes attentes. Je somnole en gardant un œil sur les enfants. Je ne prête pas attention aux autres, je n’entends pas vraiment les discussions, on dirait que je suis ailleurs. C’est une sensation de bien être qui me gagne. Enfin. Angoulême. Ils nous attendent sur le quai, ma sœur est resplendissante, lui, égal à lui-même.  La joie de ma nièce me donne du courage. En route ! 23/03/2005



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Dernière mise à jour de cette page le 19/05/2008

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