LES JE SUIS DU JARDIN
MODESTE
Je suis envie d’embellir
Je suis idée de création
Je suis venue rejoindre
les racines
J’aurais voulu être
Philippe, Cécile, Laure ou Sabrina
Je suis objets de
récupération
Je suis palette flottée
Je suis le lien, je suis
le lieu
Je suis projet proposé,
propriétaire introuvable
Je suis tolérance
Je suis rue animée,
voisins réunis, sourires ébahis
Je suis noyau enraciné
Je suis herbe folle à ne
pas arracher
Je suis un nom presque
inventé
Je suis la simplicité
dépassée
Je suis modeste mais pas
trop
Je suis jardin mais pas
d’Eden
Je suis le partage
redécouvert
Je suis la découverte
partagée
J’aurais voulu être le
clocher plongeant sur le jardin
22/06/2005
Grand-père,
Je viens te faire part
d’une découverte, pour le moins surprenante !
Dans la rue Eugène
Lisbonne, celle qui conduit à l’église, les habitants du quartier ont investi un petit terrain vague pour créer un lieu
convivial qu’ils ont appelé « le jardin modeste ». C’est un émerveillement,
un lieu tellement riche !
Deux tables sont posées
là, l’une en bois, l’autre en fer bleu . Des chaises aussi, de bric et de broc,
elles incitent à la détente et nous invitent à nous asseoir.
Sur la table face à moi,
je peux voir des petits pots garnis de plantes grasses et de fleurs fushia,
dont tu te doutes, je ne connais pas le nom.
Derrière Gabrielle, un
noyau, jeté là a pris vie, et un pécher tend vers nous quelques fruits pas
encore murs.
A ma gauche, d’autres
plantes grasses dans une petite brouette
en bois sans roues. Plus à gauche, une botte de foin, négligemment posée au sol.
L’endroit est grillagé,
canissé et fermé par un portillon peint en rouge basque.
Contre le mûr, deux
chaises longues attendent que quelqu’un vienne les chercher, dans un coin une
échelle en bois qui ne mène nulle part..
Tiens, et là à ma droite,
un olivier dans une grosse poubelle en plastique vert, un palmier dans une
comporte, un bambou dans une bassine en zinc. Dans cette dernière est planté un
poisson en tissu jaune, rose et bleu, à
qui la brise donne un air vivant .
Tout près de moi, un pot
de menthe.
Je découvre avec
étonnement des fraisiers dans une autre grande poubelle, noire, servant de
décor au mur couvert de canisses.
Un ballon rose, flottant
au vent a du être oublié là par un enfant du quartier. C’est riche, partout où
se pose le regard, il y a à découvrir. Rien n’est en ordre et pourtant, rien ne
semble avoir été fait au hasard.
Une bille de bois,
soutient un énième pot de fleurs, des blanches.
Le sol est couvert de
béton, mais aussi de gravier, de
pierres, de morceaux de bois et d’herbes rebelles, qui ont sur se faire une
place. Un mot me vient à l’esprit : enchanteur. C’est un endroit vivant
comme on en trouve peu. Tu l’ aurais aimé, et je regrette de ne pouvoir jamais te le
faire découvrir. Il est habité par toutes les espèces que tu plantais. C’en est
même étonnant.
Sur la table bleue, un
lilas espagnol en pot côtoie un cactus
dans une théière vert d’eau sur laquelle nage un poisson bleu.
Comment imaginé ce petit
coin de verdure prenant vie dans ces minuscules rues qui me sont devenues
inconnues. Je suis certaine que je n’ai pas tout recensé, je reviendrai une
autre fois.
Voilà, je vais maintenant
remercier ces gens pour leur heureuse initiative, pour ce havre de paix, pour
nous avoir permis de le découvrir et de l’investir, le temps d’écrire ces
quelques lignes.
Je te dis merci à toi, ,
d’accueillir ma missive, où que tu sois
Je dis merci à la nature
et surtout, merci à la vie parcequ’ en cet instant ce mot prend tout son sens.
le 15/06/2005
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1. lopez jeannine Le 13/07/2008 à 10:02