Glacial, glacé, toute
cette glace Ne pas devenir fou. Garder son esprit en action avec les mots pour
unique compagne.
Introspection.
Bouillonnement. Terreur.
Il est dedans. Il
n’existe plus à l’extérieur.
Cette musique, c’est un
poème de Verlaine, doux à ces oreilles, des mots magiques et envoûtants. Il
n’avance plus, il est à genoux, plus de forces. Maintenant, c’est la voix de
son père qui lui récite Prévert.
Il est étendu sur la
glace.
Au lendemain, la presse
répandit la nouvelle.
Ici, nous devions écrire des histoires de lignes
Demi cercle qui recule -
Bulle d’air emprisonnée - Cercle qui file droit
Ligne qui s’interromp-
Ligne qui tourne en rond et ne zigzague dans aucun sens - Sens de la démarche,
marche avant - Avancer à reculons
Ovale qui s’aplatit -
-Plat qui s’allonge - Longe qui
raccourcit
Court circuit
Carré : bille bulle
balle boule boulet boulette ballon
Ballon qui rampe et rampe
qui s’aggripe
Point non final point de
retour point de la nuit point tout court
Trait d’union qui désunit
les mots - Mots moteur motus et bouche décousue
Cousue la langue qui
roule - Roulement qui s’effondre – Fonte qui s’égraine – graine qui se déchaîne
– chaîne qui s’enchaîne – chaîne qui s’engraine – rien de bon – faire rebond –
rebondir pour de bon – sortir de mes gonds
M’envoler – sauter à
pieds joints – sauter pieds et poings
déliés dans des mots qui éclaboussent
Eclabousser –
éclaboussures qui décoiffent
Coiffe – quoi faire –
pourquoi faire – rien à faire – plus rien à faire
Affaire à régler
Mon compte est réglé
Ici , il fallait égrener des je suis
Je suis la main tendue
vers l’inconnu
Jessuis la plume dans
l’oreiller, je suis galet faisant un
ricochet
je suis le vent dans les
cheveux, rayon lumineux passant par les fenêtres
je suis fenêtre sur la
cour, je suis allée gravillonnée qui crisse sous les pieds
je suis le vent, le feu,
la pluie
je suis vent violent, feu
de bingale, pluie d’été
Je suis le paradis perdu,
Je suis perdue au paradis, Je suis paradis lointain et je suis loin du paradis,
Je suis la pomme croquée
Je suis regard ébahi
Je suis le temps qui
passe, un ventre arrondi, un nouveau né réjouit
Je suis regard perdu dans
le vague et vague perdue dans l’océan
Je suis sourire illuminé, Je suis simplicité, colère déchaînée,
haine déployée, Je suis venin sans antidote, roman inachevé
Je suis cri, de joie,
d’amour, de folie, de désespoir. Je suis note de musique, je suis un tourbillon
Je suis le judas sur la
porte d’entrée, Je suis pupille dilatée
Je suis un rendez-vous
manqué, une mélodie sans cesse fredonnée
Je suis l’infini, Je suis
bleu du ciel et de la mer, poisson évadé de l’aquarium
Je suis rouge posé sur
des lèvres, pulpe de fruit
Je suis douceur, chaleur,
caresse, envie. Etoile qui luit, grain de sable ici ou ailleurs. Je suis les
rides sur le visage d’une femme
Je suis l’indicible,
l’invisible, l’impalpable. Je suis visage multiple avec ou sans sourire. Je
suis rivage accosté, sol foulé, terre promise. Je suis rêve et réalité
Je suis tranche de citron
dans le thé infusé, odeur de pain grillé
Je suis tumulte, je suis aube,
je suis le silence de la nuit
Je suis le cri de
l’enfant qui vient de naître, poumons qui se remplissent, je suis cette douleur
que je ne connais pas. Je suis le passage, je suis la passagère
Je suis vie et mort. Je
suis anachronisme. Je suis en vie
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